Réseau public : s'appuyer sur un opérateur
Dans cette approche, vos capteurs se raccordent à un réseau LoRaWAN exploité par un opérateur. Vous n'avez pas d'infrastructure radio à gérer : là où la couverture existe, vos objets remontent leurs données. C'est pratique pour des sites dispersés ou déjà couverts.
En Suisse, Swisscom LPN est le réseau LoRaWAN d'opérateur le plus couramment rencontré. Il est particulièrement adapté lorsque les objets sont dispersés, répartis sur plusieurs sites, et que sa couverture convient à ces emplacements : aucune passerelle n'a alors à être déployée sur chaque site.
La contrepartie : la couverture dépend de l'opérateur, et l'intérieur de certains bâtiments — sous-sols, locaux techniques — peut rester mal desservi. Chaque objet dispose par ailleurs de sa propre connectivité auprès de l'opérateur, ce qui reste léger tant que les objets sont peu nombreux ou éloignés les uns des autres. Une intégration peut tout à fait utiliser un réseau d'opérateur lorsque cela correspond à l'architecture du projet.
Réseau privé : maîtriser sa couverture
Ici, vous installez vos propres passerelles. Vous maîtrisez la couverture (vous la ciblez précisément là où vous en avez besoin), la disponibilité et les données. C'est particulièrement pertinent pour un bâtiment, un site industriel ou une commune qui veut couvrir une zone précise avec des exigences fortes.
Le coût se déplace vers l'installation et l'exploitation des passerelles, mais on gagne en autonomie et en contrôle.
Beaucoup d'objets au même endroit : l'argument de la mutualisation
Lorsqu'un site concentre un nombre important d'objets LoRaWAN, un réseau privé peut devenir plus pertinent qu'une connectivité publique souscrite objet par objet. Les capteurs communiquent avec une ou plusieurs passerelles locales, et c'est la remontée de ces passerelles qui est mutualisée — plus celle de chaque objet pris séparément.
Cette remontée vers la plateforme peut emprunter la connexion Internet déjà présente sur le site, une liaison réseau dédiée, ou — lorsque le site n'offre rien d'exploitable — une liaison mobile data dédiée à l'infrastructure. Selon l'architecture retenue, plusieurs passerelles peuvent partager la même remontée.
L'effet sur les coûts récurrents de connectivité peut être significatif à mesure que le nombre d'objets augmente : la dépense cesse de croître avec chaque capteur ajouté pour se rapprocher de celle de l'infrastructure du site. Ce n'est pas une règle universelle — le calcul dépend du nombre réel d'objets, de la topologie, du matériel retenu et de l'exploitation.
Réseau communautaire : mutualiser
Certaines communautés déploient des passerelles ouvertes et partagent la couverture. C'est une voie économique et utile pour expérimenter ou pour des projets ouverts. En revanche, il n'y a généralement pas de garantie contractuelle de disponibilité, ce qui limite son usage pour des applications critiques.
Architecture hybride : le meilleur des approches
En pratique, beaucoup de projets combinent ces approches. On s'appuie sur un réseau d'opérateur là où sa couverture suffit, et on renforce avec des passerelles privées aux endroits critiques — un sous-sol, un local technique, un bâtiment mal desservi. Cette architecture hybride offre un bon compromis entre couverture, coût et maîtrise.